PIÈRRE MULELE

 

 

L’histoire de Mulele commence au lendemain de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba (en janvier 1961). Cette mort révolte profondément Pierre Mulele qui se décide, quelques mois plus tard, à prendre le maquis dans sa région natale du Bandundu pour poursuivre l’œuvre du « maître ». Jusqu’en décembre 1967, Pierre Mulele et ses lieutenants (dont sa fidèle compagne Léonie Abo), installés à Matende-Lukamba, animeront le mouvement insurrectionnel qui s’étendra dans l’est du pays (Kisangani, Bukavu, Uvira, Fizi, etc). En début 1968, harcelé par les troupes de Mobutu et ses mercenaires, Pierre Mulele fait face à d’insurmontables difficultés logistiques, les renforts en armes, en hommes et en cadres lumumbistes qu’il attend de Brazzaville tardent à venir. C’est ainsi que le 12 septembre 1968, en compagnie de Léonie Abo et de Joseph Makindua, Pierre Mulele embarque dans une petite pirogue pour Brazzaville. Arrivés à Brazzaville, ils sont immédiatement placés en résidence surveillée au « Camp de la milice ». C’est alors que les autorités du Congo-Brazzaville (déjà en pourparlers avec leurs collègues de Kinshasa) intiment l’ordre à Mulele de rejoindre Kinshasa pour prendre part au processus de réconciliation nationale dans le cadre de l’amnistie générale proclamée par le président Mobutu.

Le 28 septembre, Justin Marie Bomboko (alors ministre des Affaires étrangères de Mobutu) déclarera : « L’amnistie générale décrétée à Kinshasa par le général Mobutu, est valable pour tous. Nous accueillerons donc Pierre Mulele en frère. Il travaillera avec nous pour la libération totale de notre pays ». Mulele rentre alors au pays le 29 septembre 1968, provoquant le courroux du Haut-commandement militaire, plus particulièrement des généraux Bobozo et Singa qui tenaient à tout prix à venger le colonel Ebeya et tant d’autres victimes des guerres mulelistes. Ils furent soutenus par le Président Mobutu, rentré au pays le 2 octobre 1968 (en provenance de Rabat). Juste à sa descente d’avion, Mobutu indiquera que c’est lui le chef de la diplomatie et non le ministre des Affaires étrangères. Puis il dira : « Mulele est responsable de la mort et des mutilations de plusieurs militaires dont les épouses et les enfants pleurent au camp. Il devra être jugé ». Le même jour, vers 17h, Pierre Mulele, sa compagne Abo, une de ses sœurs Thérèse et son camarade Zénon Mibamba furent conduits au camp militaire Lieutenant-colonel Kokolo. Pierre Mulele fut atrocement assassiné au cours de cette nuit-là.

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